Dans ce guide.
- 01Lire l’histoire à travers trois questions
- 021968 et 1969 : une clinique dans un cadre restrictif
- 031988 : l’invalidation de la disposition criminelle
- 042006 et 2016 : les conditions concrètes d’accès
- 05Aujourd’hui : distinguer le droit et le service disponible
Cinq étapes de l’accès à l’avortement
De la fondation de la clinique aux mesures qui facilitent l’accès aux soins.
- 1968
Une clinique à Montréal
Henry Morgentaler ouvre sa première clinique d’avortement à Montréal.
- 1969
Un accès encore conditionnel
Le Code criminel permet certains avortements dans un cadre limité, avec des conditions hospitalières.
- 1988
Un tournant devant la Cour suprême
Le 28 janvier, la Cour invalide l’article 251 du Code criminel qui encadrait l’avortement.
- 2006
L’accès sans frais en clinique privée
La clinique retient un jugement québécois comme un jalon vers l’accès sans frais en clinique à gestion privée.
- 2016
La protection de l’accès aux lieux
Le Québec adopte des dispositions encadrant les manifestations visées autour des lieux de soins.
Ce que vous aurez à la fin.
À la fin de ce guide, vous saurez distinguer trois calendriers qu’on confond souvent en une seule date : celui de la clinique, celui du droit criminel et celui de l’organisation des services.
Pour qui
Les trois questions qui servent de grille
Lire l’histoire à travers trois questions
Quand on évoque Morgentaler, on pense souvent à une date : 1988. Pourtant, l’histoire de la clinique, celle du droit criminel et celle de l’accès aux soins ne suivent pas exactement le même calendrier.
Ce guide propose trois questions pour lire les événements : qui peut décider, où peut-on recevoir des soins et quelles conditions permettent d’y accéder? Cette grille de lecture aide à comprendre pourquoi une victoire devant les tribunaux ne règle pas à elle seule les questions de coût, de déplacement ou d’accueil.
1968 et 1969 : une clinique dans un cadre restrictif
1968. Henry Morgentaler ouvre une clinique d’avortement à Montréal. Cette date figure dans l’histoire publiée par la clinique et dans sa notice d’archives fédérale.
1969. Le Parlement modifie le Code criminel pour permettre certains avortements dans un cadre limité, notamment avec l’autorisation d’un comité hospitalier. Il ne s’agit pas encore d’un accès fondé sur la seule décision de la personne enceinte.
Ces deux repères expliquent la tension centrale de cette période : offrir des soins en clinique et faire reconnaître la capacité de décider dans un système où l’accès reste soumis à des conditions pénales et institutionnelles.
[1] Clinique Morgentaler · Notre histoire · [2] Bibliothèque et Archives Canada · Fonds Henry Morgentaler · [3] Bibliothèque du Parlement · Évolution constitutionnelle et juridique de l’avortement
1988 : l’invalidation de la disposition criminelle
Le 28 janvier 1988, dans l’arrêt R. c. Morgentaler, la Cour suprême du Canada invalide l’article 251 du Code criminel. La décision est rendue à cinq juges contre deux.
Les motifs de la majorité ne sont pas identiques. Ils convergent toutefois sur l’atteinte à la sécurité de la personne et sur le caractère incompatible du dispositif avec les principes de justice fondamentale.
Pour raconter ce tournant avec précision, il faut distinguer l’invalidation de cette disposition de l’organisation des services. L’arrêt ne fixe ni l’horaire d’une clinique, ni ses capacités, ni le déroulement d’un rendez-vous.
[3] Bibliothèque du Parlement · Évolution constitutionnelle et juridique de l’avortement
2006 et 2016 : les conditions concrètes d’accès
2006. La clinique retient dans sa chronologie un jugement de la Cour supérieure du Québec comme un jalon vers l’accès sans frais aux avortements en clinique à gestion privée.
2016. Le Québec adopte des dispositions pour protéger l’accès aux lieux où se pratique l’avortement. Les débats de l’Assemblée nationale expliquent la mise en place d’un périmètre d’au moins 50 mètres autour du terrain concerné pour encadrer les manifestations visées.
Ces étapes portent sur deux obstacles différents : les frais liés au service et la possibilité d’entrer dans un lieu de soins sans subir les pressions que la mesure cherche à prévenir.
[1] Clinique Morgentaler · Notre histoire · [4] Assemblée nationale du Québec · Débats du 2 décembre 2016
Aujourd’hui : distinguer le droit et le service disponible
Au Québec, les services d’avortement sont couverts pour les personnes admissibles à la RAMQ ou au PFSI. Les méthodes et les stades de grossesse pris en charge varient selon les établissements. Une orientation vers un autre service peut donc être nécessaire.
Pour une démarche personnelle, les questions utiles sont actuelles : quel service peut me recevoir, quelles sont les modalités et à qui parler? Les repères historiques donnent du contexte; l’équipe soignante confirme les possibilités correspondant à votre situation.
Les quatre distinctions à retenir
Les questions qu’on nous pose.
- La décision de 1988 a-t-elle rendu l’avortement légal partout et pour tout le monde?
- Elle a invalidé l’article 251 du Code criminel, c’est-à-dire la disposition qui encadrait l’avortement. Elle ne fixe ni l’horaire d’une clinique, ni ses capacités, ni le déroulement d’un rendez-vous : l’organisation des services est une autre question que celle du droit criminel.
- Décriminalisation et gratuité, est-ce la même chose?
- Non. Ce sont deux obstacles différents : la disposition pénale d’un côté, les frais liés au service de l’autre. La chronologie de la clinique retient un jugement québécois de 2006 comme un jalon vers l’accès sans frais en clinique à gestion privée.
- Un droit reconnu veut-il dire que chaque clinique offre tous les services?
- Non. Au Québec, les méthodes et les stades de grossesse pris en charge varient selon les établissements, et une orientation vers un autre service peut être nécessaire. C’est l’équipe soignante qui confirme ce qui est possible dans votre situation.
Ce guide informe et prépare une conversation. Il ne remplace ni une évaluation médicale ni les consignes de votre équipe soignante, qui restent la référence pour votre situation. En cas d’urgence, contactez les services d’urgence.
Sources et lectures utiles.
- Clinique Morgentaler · Notre histoire · consultée le 2026-09-15
- Bibliothèque et Archives Canada · Fonds Henry Morgentaler · consultée le 2026-09-15
- Bibliothèque du Parlement · Évolution constitutionnelle et juridique de l’avortement · consultée le 2026-09-15
- Assemblée nationale du Québec · Débats du 2 décembre 2016 · consultée le 2026-09-15
- Québec.ca · Accès aux services d’avortement · consultée le 2026-09-15
Version de présentation. Relecture médicale et validation de la clinique à effectuer avant diffusion aux patientes.
